L’initiative mondiale Communion Forest (Forêt de la Communion) vise à intensifier la plantation d’arbres ainsi que les activités de conservation, de protection et de restauration des écosystèmes par les anglicans du monde entier. Mais il s’agit de bien plus que d’une simple action environnementale pratique. Elle vise également à intégrer le soin de la création dans la vie spirituelle de l’Église et de ses membres — une expression vivante de l’appel de la Communion anglicane a sauvegarder l’intégrité de la création, ainsi qu’à soutenir et renouveler la vie de la terre. Dans le diocèse de Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard, cette vision prend racine de manière créative et profondément locale. Grâce au Réseau Environnemental Diocésain (Diocesan Environmental Network – DEN), les paroisses et les communautés découvrent que « faire croître » la Forêt de la Communion peut prendre de nombreuses formes : planter des arbres, restaurer des habitats, soutenir des projets de culture vivrière, apprendre des écosystèmes locaux et se tenir solidaires de la terre e les uns des autres.
Comme le souligne la Révérende Marian Lucas-Jefferies :
« Le DEN s’est engagé dans la Forêt de la Communion, non pas en plantant des tonnes d’arbres, mais en se tenant aux côtés des peuples autochtones dans leur appel a protéger la forêt contre les coupes à blanc, en étant visible lors d’une manifestation avec mon amie l’arbre qui était en route pour être béni le lendemain pendant le Temps de la Création, et en défilant fièrement chaque année lors d’une parade sur le front de mer. »
En Nouvelle-Écosse et à l’Île-du-Prince-Édouard, la Forêt de la Communion ne se résume pas au nombre d’arbres mis en terre. Il s’agit aussi de témoignage, de restauration, de mémoire et de relations — e de découvrir comment le soin de la création peut s’inscrire dans la vie paroissiale de manière pratique, publique et profondément ancrée dans le territoire.
Ancrés dans le témoignage et la solidarité
Cette vision plus large s’incarne dans le témoignage public du DEN en faveur des forêts. Comme le suggère Marian, prendre soin de la création a signifié ici non seulement planter des arbres, mais aussi se tenir aux côtés des peuples autochtones qui réclament la protection des forêts menacées par les coupes à blanc, e rendre cette préoccupation visible dans la vie publique pendant le Temps de la Création et lors des parades annuelles sur le front de mer. Ces actes de témoignage côtoient le travail plus silencieux de plantation, d’entretien et de restauration de la terre.
La longue vie d’une jeune pousse
L’une des histoires les plus tangibles a commencé il y a plus d’une décennie, lorsqu’une paroisse a centré son temps liturgique autour d’un arbre mort trouvé dans les bois sur la propriété de Carole Aylard, membre du DEN. Au fil des semaines du Carême, l’arbre a été progressivement transformé, jusqu’à ce que, le Vendredi saint, il soit taille en forme de croix. Par la suite, il a été réduit en paillis et utilisé pour nourrir une nouvelle génération de jeunes pousses — un signe vivant de renouveau surgissant de ce qui semblait sans vie. Ces jeunes pousses comprenaient des pins blancs d’Amérique, des pins noirs, des pins rouges et deux variétés différentes de sapins ; 1 000 jeunes pousses ont été distribuées à Pâques 2012. Une partie du surplus a été plantée dans le jardin de Carole pour former une petite pépinière. Leurs premières années furent loin d’être faciles. Après qu’une tempête dévastatrice le jour de Noël a couché deux épinettes de 12 mètres, les équipes venues les enlever ont piétiné les jeunes pousses.
Au printemps suivant, elles ont été mises en pots, puis rempotées au fil des ans tandis que Carole continuait d’en prendre soin. Les projets concernant leur emplacement définitif ont évolué avec le temps, et ce n’est qu’après avoir pris une semi-retraite qu’elle a pu consacrer le temps nécessaire pour mener le projet à bien. Au printemps suivant, les jeunes pousses rescapées ont été mises en pots, puis rempotées au fil des ans tandis que Carole en prenait soin avec patience — jusqu’à ce que les arbres trouvent enfin un ancrage permanent. Six d’entre eux ont été plantés à l’église Saint-Andrew de Cole Harbour, aux côtés d’une épinette, et trois autres ont été plantés dans le parc local Kinsmen en mémoire d’un paroissien. La longueur de cette démarche est devenue parte intégrante de l’histoire. Ce qui avait commencé comme un acte d’imagination et de foi durant le Carême s’est transforme en années d’entretien patient. Il s’agit d’une histoire non seulement de plantation, mais aussi de persévérance, d’attention et de continuité — e de la manière dont les rythmes spirituels de la vie paroissiale peuvent également façonner la vie de la terre. Cet élan se poursuit aujourd’hui. Des espèces indigènes, notamment l’amélanchier, le piment royal, le bois-bouton et le noyer cendré, sont plantées sur les terrains de l’Église, contribuant a accroître la biodiversité e a renforcer les racines locales de la Forêt de la Communion.
Comme le résume la Révérende Marian Lucas-Jefferies : « nous faisons de notre mieux pour développer la Communion des forêts. »
Planter, cultiver et restaurer
Le travail du DEN comprend également des contributions régionales plus formelles. Une plantation officielle d’arbres à l’église St Luke de Dartmouth a marqué l’une de ces contributions à la Forêt de la Communion, tandis que d’autres projets élargissent la forme que peut prendre le soin de la création dans la vie paroissiale. À French Village, par exemple, la paroisse aménage un espace de sépulture écologique et de conservation traversé par un sentier — un lieu sacré où se rejoignent la mémoire, la gestion écologique et le soin de la terre. Dans un autre contexte, Marian note que lors de sa plus récente affectation, sa paroisse et le diocèse ont soutenu la City Kidds Escape Society, un groupe implanté dans un grand ensemble de logements sociaux qui a créé une ferme urbaine et une « forêt nourricière » composée de pommiers, poiriers, pruniers, arbustes à baies et d’un champ de myrtilles. Ici, le soin de la création e le soin de la communauté vont de pair.
Apprentissage, partage et action climatique pratique
La portée de ce travail s’étend bien au-delà des terrains de l’Église. Sur la côte est (Eastern Shore), des paroissiens agissent en tant que citoyens scientifiques, travaillant à la protection du littoral de la Nouvelle-Écosse et à l’approfondissement de la compréhension locale de l’environnement. Dans le même temps, le diocèse se réjouit également d’une distribution record de sachets de graines mellifères auprès de groupes paroissiaux e communautaires — un rappel que prendre soin de la création ne concerne pas seulement les arbres, mais aussi le maintien de la toile du vivant dont dépendent des écosystèmes sains. Ce travail est également renforcé par des relations et des apprentissages partagés au-delà du diocèse. Les organisateurs locaux ont échangé des idées avec des partenaires engagés dans la sauvegarde de la création dans d’autres régions de la Communion anglicane, notamment en Mélanésie, tandis que le soutien e l’expertise technique de l’Église d’Angleterre ont aidé le DEN à faire avancer l’installation de bornes de recharge pour véhicules électriques dans les paroisses locales. Ensemble, ces liens montrent comment l’action climatique pratique peut être encouragée e soutenue grâce à la collaboration tout autant qu’à l’initiative locale.
Une forêt de petits gestes
Prises dans leur ensemble, ces initiatives montrent que la Forêt de la Communion en Nouvelle-Écosse et à l’Île-du-Prince-Édouard n’est pas un projet unique ni un modèle d’action rigide. C’est un réseau grandissant d’engagements : planter des jeunes pousses et des espèces indigènes, protéger les forêts, soutenir la culture vivrière urbaine, restaurer des habitats, créer des espaces de mémoire, partager des connaissances et bâtir des solutions climatiques pratiques pour l’avenir. Que ce soit par le témoignage public, la conservation locale, la plantation sur les terres de l’Église, les forêts nourricières, les projets en faveur des pollinisateurs, la science citoyenne ou la collaboration internationale, le diocèse de Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard démontre que chaque geste compte. Et au fur et à mesure que les organisateurs locaux continuent de planter, de protéger, d’apprendre et de plaider, la Forêt de la Communion dans cette région du Canada ne cesse de grandir — un arbrisseau, un sentier, un sachet de graines e un acte de solidarité à la fois.
